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 Dieu est dans l'isoloir

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Le pti prince

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MessageSujet: Dieu est dans l'isoloir   Lun 26 Fév - 3:53

- Matthieu GRIMPRET -

Dieu est dans l'isoloir
Politique et religions
Les retrouvailles que Marianne n'avait pas prévues





Arrow L'auteur :

Matthieu Grimpret, 28 ans, vit entre Paris et la Vendée. Diplômé de Sciences Po Paris, professeur d’histoire, il a étudié la philosophie et la théologie au studium de la Castille (Var) et à l’Université St Thomas dans le Minnesota (États-Unis). Il rédige actuellement une thèse de doctorat sur la théologie politique de Stanley Hauerwas. Fondateur en l’an 2000 du premier portail catholique français, ChristiCity.com, il est l’auteur de deux livres sur la "génération JMJ"dont La Révolution de Dieu : jeune, catholique et heureux de l’être (Anne Carrière, 2000).


Arrow Présentation de l'ouvrage :

« On ne ramène pas aisément dans leurs sacristies et leurs mosquées des clercs qu’on en a fait sortir pour dîner en ville – et à la table de la République encore. Les présidentiables ne s’intéresseront peut-être pas beaucoup aux religions – voire…–, mais les religions, elles, vont sans doute s’intéresser à la présidentielle. Discrètement ou bruyamment, c’est selon. Mais attentivement, c’est certain. »

Dans une présentation claire et documentée, Matthieu Grimpret nous livre un ouvrage qui est à la fois une enquête et un guide de l’« électeur religieux ». Qu’ont à dire les catholiques, les musulmans, les juifs, les protestants à la République française, notamment en ces temps de présidentielle ? Quel est le nouveau poids des religions dans l’arène publique ?
Aujourd’hui, la religion sort du domaine privé pour se placer au cœur du débat social, culturel et politique. On n’a jamais autant parlé de religion qu’en ce début de XXIe siècle, au point que les médias en ont fait une rubrique à part entière de l’information quotidienne. Car l’appartenance religieuse est bien le terreau sur lequel se nourrit le phénomène social majeur de ces dernières décennies : le communautarisme.

« Le multiculturalisme a remplacé le "mode de vie à la française", bien difficile à définir aujourd’hui. […] Même repliés sur leur hexagone, les Français n’échappent pas aux grandes vagues de transformation qui parcourent la planète. »

Un ouvrage riche qui permet de mesurer la situation politique de chaque religion et son évolution récente ou à venir, et qui dresse un tableau objectif de la France et des ses diverses composantes.

(Communiqué de presse)

Editions Presses de la Renaissance - Sortie le 18 janvier 2007 - 276 p. - 18 € - 140 x 225

Arrow Extrait : cliquer ici et ici.

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Le pti prince

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MessageSujet: Re: Dieu est dans l'isoloir   Lun 26 Fév - 3:59

Je veux m'arrêter sur une phrase du livre de Matthieu Grimpret:

Matthieu Grimpret dans "Dieu est dans l'isoloir" a écrit:
Tandis que le catholicisme se situe toujours de plain-pied avec l’universel, ce qui brouille son message civique. Cela dit, la communauté catholique, sous les effets conjugués du réflexe identitaire et de l’ecclésiologie très « communautarisante » de Vatican II, n’échappe pas à l’influence de ce que Olivier Roy appelle le néo-fondamentalisme : « Les néo-fondamentalistes ne demandent rien de positif à l’Etat, sinon l’abstention : laissez-nous porter le voile, manger hallal, ne pas serrer la main, etc. Ils sont absents des grandes questions de société , car ils légifèrent pour eux et pas pour la société. »

Dans le forum La Cité Catholique vous pourrez retrouver le commentaire ci-dessous de l'auteur lui-même qui explicite sa pensée:

Matthieu Grimpret sur Cité Catholique a écrit:
Cette remarque d'Olivier Roy s'applique au comportement électoral des musulmans. Donc pas en premier aux catholiques. Mais si vous regardez bien, au plan politique, les catholiques sont incapables de faire entendre leur voix sur tous ces sujets : les députés qui vont à la messe sont relativement nombreux, aucun ne vote jamais les propositions de loi pro-vie (d'ailleurs, plus personne n'en propose). Même Christine Boutin est obligée de convenir que Simone Veil est une icône et qu'il faut "composer" : elle ne parle plus de l'avortement, de l'euthanasie ou du PACS. Les catholiques ne peuvent plus - et souvent ne veulent plus, car ça ne sert à rien au plan politique - faire entendre leur voix sur les grands sujets de société. Ils préfèrent l'engagement local, concret, pratique. Ils préfèrent aller donner à manger aux SDF, accueillir une jeune fille enceinte ou un ex-séminariste paumé, ou participer à des chaînes de prière plutôt que "marcher pour la vie".

Je partage entièrement son avis sur le passage en rouge tout particulièrement.

Sinon je ne vois pas ce qu'il veut dire dans ses expressions:

Matthieu Grimpret dans "Dieu est dans l'isoloir" a écrit:
sous les effets conjugués du réflexe identitaire et de l’ecclésiologie très « communautarisante » de Vatican II

Ce que je lui ai demandé sur le même forum de la cité catholique (où il est venu échanger une soirée) mais il n'a pas eu le temps de répondre:

Voici ce que j'avais posté:

Citation :
Je pense en effet qu'il y a une sorte d'incapacité des chrétiens à assumer leurs positions morales tout en participant activement au débat politique. Comme si l'un était trop "rigide" pour conjuger avec l'autre.

Quant aux instances catholiques, elles croient s'engager politiquement, en publiant avec d'autres instances religieuse, une déclaration commune contre le mariage homosexuel et l'homoparentalité afin de rappeler que "Le mariage, c'est l'union d'un homme et une femme" et qu'il "Il est capital de ne pas brouiller ce repère fondateur de l'humanité".

Si je comprends bien, selon vous, cela:

Citation :
Mais si vous regardez bien, au plan politique, les catholiques sont incapables de faire entendre leur voix sur tous ces sujets

est dû d'abord à:

Citation :
tandis que le catholicisme se situe toujours de plain-pied avec l’universel, ce qui brouille son message civique. Cela dit, la communauté catholique, sous les effets conjugués du réflexe identitaire et de l’ecclésiologie très « communautarisante » de Vatican II, n’échappe pas à l’influence de ce que Olivier Roy appelle le néo-fondamentalisme : « Les néo-fondamentalistes ne demandent rien de positif à l’Etat, sinon l’abstention


Pourtant le concile Vatican 2 n'a pas, à ce que j'en retiens du moins, d'abord proposé un réflexe "d'ecclésiologie très communautarisante" mais une ouverture vers un nouveau paradigme demandant une conversion intellectuelle, morale et religieuse:

Citation :
Une conversion intellectuelle qui reconnaît que l’enseignement de l’Église devant les questions morales et de l’ordre social ne se situe pas au niveau de dogmes éternels et irréversibles, mais dans une lecture attentive et ouverte des « signes des temps ».


Une conversion morale qui renonce et à la polémique qui cherche à écraser le point de vue de l’autre sans véritable écoute et dialogue, et à un faux irénisme qui au nom de la « paix » ou « la tolérance » empêche une société – ou une église – de se poser les questions sur le consensus sous-jacent au projet sociétaire, sur les « vérités essentielles » qui forment l’unité dans laquelle la diversité peut se vivre authetiquement.


Et enfin une conversion religieuse qui reconnaît que Dieu est à l’œuvre non seulement dans les institutions et les structures ecclésiastiques déjà existantes, mais dans une vision sociétaire qui repose sur ce que Jean XXIII a appelé les quatre piliers de la société authentiquement humaine : la vérité, la justice, la charité, et la liberté. Selon Murray, l’Église avait déjà clairement reconnu les trois premiers de ces pilliers : l’apport unique de Vatican II a été la nouvelle appréciation de la liberté – politique, humaine, spirituelle – comme valeur positive dans la société et dans l’église, comme principe de progrès doctrinal, comme élément essentiel à l’unité interne de l’Église, et à ses rapports avec le monde, avec la société, avec chaque homme et femme qui a soif de justice, de vérité, d’amour, et de liberté.

Ne serait-ce pas à l'héritage du concile qu'il faudrait revenir puiser la force de l'engagement politique, lequel ne serait plus vu comme un pas forcé vers le relativisme mais permettrait une "nouvelle appréciation de la liberté – politique, humaine, spirituelle – comme valeur positive dans la société et dans l’église, comme principe de progrès doctrinal, comme élément essentiel à l’unité interne de l’Église, et à ses rapports avec le monde, avec la société, avec chaque homme et femme qui a soif de justice, de vérité, d’amour, et de liberté." ???

et vous, qu'en pensez-vous ??

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